Derrière Tiroir & Coton
Je suis Cécile, la créatrice de Tiroir & Coton.
Aujourd'hui, j'imagine et je fabrique une grande partie de mes créations dans mon atelier à Écouen. Mais avant les lingettes, les éponges, les charlottes ou les torchons, il y a eu beaucoup d'autres choses.
Des vieux meubles, une première machine à coudre, des rencontres, des boutiques, des salons… et un projet qui s'est construit petit à petit pendant presque dix ans.
Tout a commencé avec de vieux meubles
J'ai travaillé dans le commerce de mes 18 ans à mes 30 ans, d'abord dans un magasin de déstockage, puis dans un magasin de bazar où je m'occupais notamment du rayon linge de maison.
C'est pendant mon deuxième congé maternité, puis mon congé parental, que j'ai commencé à rénover des meubles.
Je les chinais, j'en récupérais parfois aux encombrants et je passais beaucoup de temps à les transformer complètement.
Ce que j'aimais, c'était justement partir de quelque chose dont quelqu'un ne voulait plus, parfois même quelque chose qui avait été jeté, et réussir à lui donner une seconde vie.
À cette époque, je vendais mes meubles uniquement sur Facebook.

Puis est venue la couture
Après environ trois ans à rénover des meubles, j'ai eu envie de fabriquer moi-même les coussins qui accompagneraient mes chaises et mes fauteuils.
Le problème, c'est que je ne savais pas coudre. Je n'avais même jamais touché à une machine à coudre de ma vie.
Je me suis rapprochée d'une association dans mon village où des personnes âgées se retrouvaient chaque semaine autour de la broderie, du crochet, du point de croix et de la couture.
Ce sont elles qui m'ont appris à utiliser une machine à coudre et qui m'ont accompagnée dans mes premières créations.
Pendant un an, j'ai passé mes mercredis avec elles. Je venais avec mes projets, j'apprenais au fur et à mesure et j'améliorais ma technique.
Mais je me souviens aussi beaucoup de nos échanges. Elles me racontaient leur jeunesse, leurs métiers et parfois des savoir-faire qui n'existent plus aujourd'hui.
Je suis repartie de cette année avec les bases de la couture et surtout l'envie de continuer.

Tiroir & Coton est né
À la fin de mes trois années de congé parental, mon activité créative avait déjà pris une vraie place dans ma vie.
Je souhaitais continuer à travailler à mi-temps pour pouvoir la développer en parallèle. Mon employeur a refusé et j'ai dû reprendre à temps plein.
Une semaine plus tard, j'ai démissionné.
J'ai décidé de me consacrer entièrement à mon projet.
C'est à cette période qu'est né le nom Tiroir & Coton.
Coton, pour la couture qui prenait de plus en plus de place.
Avec le temps, j'ai arrêté les meubles pour me consacrer entièrement au textile.
Mais finalement, le nom fonctionne toujours plutôt bien : aujourd'hui, beaucoup de mes créations finissent dans les tiroirs de la maison.
De nouvelles machines et beaucoup de rencontres
J'ai ensuite découvert un Fab Lab. J'y ai utilisé de nouvelles machines, réalisé toutes sortes de créations autour de la décoration et du mobilier et animé des stages où les participants venaient rénover leurs propres meubles.
J'y ai aussi rencontré beaucoup de créatrices. Certaines sont devenues des amies.
Et sans vraiment m'en rendre compte, j'étais en train de passer d'une activité créative à un véritable projet d'entreprise.
Apprendre des autres… puis transmettre à mon tour
Les boutiques de créateurs ont eu beaucoup d'importance dans mon parcours.
Nous faisions des permanences pour vendre nos créations et celles des autres. J'y ai rencontré des entrepreneuses plus expérimentées et j'ai énormément appris grâce à elles : le fonctionnement d'une micro-entreprise, les réglementations, la vente, la façon de présenter son travail…
Quand on débute, tous ces échanges sont précieux.
J'ai beaucoup appris auprès d'autres créatrices et, aujourd'hui, j'essaie à mon tour de transmettre mon expérience à celles qui se lancent.
Puis sont venues les expositions.
Au début, de petits événements locaux où j'ai dû apprendre à parler uniquement de mon travail, à expliquer mes produits et à les mettre en valeur.
Et petit à petit, les événements ont grandi.





Grandir, mais pas toute seule
Lors de ma première participation au Salon du Made in France, il y a environ cinq ans, j'ai été démarchée par un commercial d'un ESAT de Gennevilliers.
À cette époque, j'étais débordée. Je passais beaucoup de temps à courir après le stock et je savais que j'avais besoin de déléguer une partie de la production.
L'objectif était simple : me libérer du temps pour faire grandir Tiroir & Coton, développer de nouveaux produits et avancer sur tous les projets que je laissais de côté.
Mais quand on est débordée, trouver le temps de mettre en place ce genre de changement n'est pas si simple.
Il m'aura finalement fallu trois ans pour aller visiter cet ESAT, pourtant situé à seulement une quarantaine de minutes de mon atelier.
J'y ai rencontré une équipe vraiment sympa, douce et à l'écoute, avec une réelle envie de faire les choses dans la bienveillance.
J'ai tout de suite été conquise et convaincue.
Aujourd'hui, je continue à fabriquer une grande partie de mes créations dans mon atelier à Écouen et, pour le reste, je m'entoure d'un ESAT, d'artisans et de professionnels aux savoir-faire complémentaires.
Cela me permet de conserver une fabrication française, humaine et au plus près de chez moi, tout en continuant à faire évoluer Tiroir & Coton.
Dans mon atelier à Écouen
Mon atelier n'est pas très grand.
C'est une petite dépendance d'environ 15 m² dans mon jardin. Il y a ma machine à coudre, ma table de découpe, ma presse à œillets, mes tissus rangés dans les armoires et tous les outils dont j'ai besoin.
C'est assez simple, mais c'est mon endroit. Celui où je me sens bien.
C'est surtout ici que les nouveaux produits prennent forme.
Ce qui me passionne vraiment, ce n'est pas seulement de coudre. C'est de faire grandir un projet, qu'il s'agisse de Tiroir & Coton lui-même ou de la naissance d'un nouveau produit.
Choisir quel objet jetable pourrait être remplacé par du lavable. Réfléchir à sa conception. Choisir les matières et les couleurs. Trouver la bonne forme, la bonne taille. Penser au packaging, à la manière de le présenter et d'expliquer pourquoi il peut devenir utile au quotidien.
J'aime tout le chemin qui mène d'une idée à un produit terminé.




Et puis il y a le dépôt…
Une fois les produits terminés, ils rejoignent mon autre local où je stocke toutes les créations prêtes à être vendues ainsi que mon matériel d'exposition.
Et celui-là, j'avoue que j'adore le montrer.
J'aime voir toutes les couleurs, tous les produits rangés sur les étagères et surtout les voir se remplir, couleur après couleur.
C'est sans doute parce que ces étagères représentent assez bien tout le chemin parcouru.
Ce qui me passionne aujourd'hui
Après presque dix ans, ce qui me plaît toujours autant, c'est de voir grandir ce projet.
Mais ma plus belle récompense tient finalement en une phrase.
C'est là que j'ai vraiment l'impression d'avoir réussi quelque chose.
Parce que cela veut dire qu'une création imaginée dans mon petit atelier a trouvé sa place dans la vie de quelqu'un.
À travers mes produits, j'accompagne des gestes simples, parfois complètement banals. Et pourtant, les gens se souviennent de moi.
J'aime l'idée de pouvoir faire apprécier ces petits gestes du quotidien, de donner envie de consommer différemment et de jeter moins, tout en gardant du plaisir.
C'est probablement ça, finalement, que j'ai envie de continuer à construire avec Tiroir & Coton.
Après presque dix ans à faire grandir ce projet, il me serait aujourd'hui bien difficile de l'abandonner.
Et heureusement…
